Oeuvres compltes, 1

Vitte et Perrussel, 1884
 

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465 - C'est une erreur de croire qu'il y ait dans le monde une autorit humaine, tous les gards, despotique ; il n'y en a jamais eu, et il n'y en aura jamais : le pouvoir le plus immense est toujours born par quelque coin.
339 - Celui qui ose entreprendre d'instituer un peuple doit se sentir en tat de changer pour ainsi dire la nature humaine, de transformer chaque individu, qui par lui-mme est un tout parfait et solitaire, en partie d'un plus grand tout dont cet individu reoive en quelque sorte sa vie et son tre...
521 - Le peuple anglais pense tre libre ; il se trompe fort. Il ne l'est que durant l'lection des membres du Parlement : sitt qu'ils sont lus, il est esclave, il n'est rien. Dans les courts moments de sa libert, l'usage qu'il en fait mrite bien qu'il la perde.
520 - S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait dmocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas des hommes.
475 - Un dfaut essentiel et invitable, qui mettra toujours le gouvernement monarchique audessous du rpublicain, est que dans celuici la voix publique n'lve presque jamais aux premires places que des hommes clairs et capables, qui les remplissent avec honneur ; au lieu que ceux qui parviennent dans les monarchies ne sont le plus souvent que de petits brouillons, de petits fripons, de petits intrigans, qui les petits talens qui font dans les cours parvenir aux grandes places, ne servent...
74 - Or, il n'ya point d'homme dans le monde. J'ai vu dans ma vie des Franais, des Italiens, des Russes, etc.; je sais mme , grce Montesquieu , qu'on peut tre Persan : mais quant l'homme, je dclare ne l'avoir rencontr de ma vie; s'il existe, c'est bien mon insu.
280 - L'art de fronder, bouleverser les tats est d'branler les coutumes tablies en sondant jusque dans leur source pour marquer leur dfaut d'autorit et de justice. Il faut, dit-on, recourir aux lois fondamentales et primitives de l'tat qu'une coutume injuste a abolies. C'est un jeu sr pour tout perdre ; rien ne sera juste cette balance.
61 - ... semble que tout vrai philosophe doit opter entre ces deux hypothses, ou qu'il va se former une nouvelle religion, ou que le christianisme sera rajeuni de quelque manire extraordinaire.
345 - De vains prestiges forment un lien passager ; il n'ya que la sagesse qui le rende durable. La loi judaque toujours subsistante , celle de l'enfant d'Ismal qui , depuis dix sicles, rgit la moiti du monde, annoncent encore aujourd'hui les grands hommes qui les ont dictes ; et tandis que l'orgueilleuse...
55 - Il ya dans la rvolution franaise un caractre satanique qui la distingue de tout ce qu'on a vu et peut-tre de tout ce qu'on verra.