Oeuvres, 1

Lacrosse, 1834
 

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403 - Heureux qui, dans ses vers, sait, d'une voix lgre, Passer du grave au doux, du plaisant au svre!
197 - Tel est le sort commun: bientt les aquilons Des dpouilles des bois vont joncher les vallons ; De moment en moment la feuille sur la terre En tombant interrompt le rveur solitaire. Mais ces ruines mme ont pour moi des attraits. L, si mon cur nourrit quelques profonds regrets , Si quelque souvenir vient rouvrir ma blessure, J'aime mler mon deuil au deuil de la nature.
344 - Peignez en vers lgers l'amant lger de Flore; Qu'un doux ruisseau murmure en vers plus doux encore : Entend-on d'un torrent les ondes bouillonner?
478 - Moi seul contre la noix, qu'arment ses dents de fer, Je fais, en le broyant, crier ton fruit amer: Charm de ton parfum, c'est moi seul qui dans l'onde Infuse mon foyer ta poussire fconde ; Qui, tour tour calmant, excitant tes bouillons, Suis d'un il attentif tes lgers tourbillons. Enfin de ta liqueur lentement repose, Dans le vase fumant la lie est dpose ; Ma coupe, ton nectar, le miel amricain, Que du suc des roseaux exprima l'Africain, Tout est prt : du Japon l'mail...
511 - Mille fois prfrable celles de l'orgueil. Son air mystrieux d'abord tonne l'il ; Introduit par la porte au sein du vestibule, L'oiseau monte et descend dans une autre cellule, O, cachs et bravant les piges, les saisons, Reposent mollement ses tendres nourrissons. Ainsi, nos toits, nos murs, les forts, les charmilles, Tout a ses constructeurs, ses berceaux, ses familles ; Tout aime, tout jouit, tout btit son tour.
245 - ... impntrable au jour, Les degrs de l'autel uss par la prire, Ces noirs vitraux, ce sombre et profond sanctuaire O peut-tre des curs, en secret malheureux, A l'inflexible autel se plaignaient de leurs nuds , Et pour des souvenirs encor trop pleins de charmes A la religion...
29 - Dj l'arc clatant qu'Iris trace dans l'air Boit les feux du soleil et les eaux de la mer ; La grue, avec effroi s'lanant des valles, Fuit ces noires vapeurs de la terre exhales ; Le taureau hume l'air par ses larges naseaux ; La grenouille se plaint au fond de ses roseaux ; L'hirondelle en volant effleure le rivage ; Tremblante pour ses ufs, la fourmi dmnage ; Et des affreux corbeaux les noires lgions Fendent l'air qui frmit sous leurs longs bataillons.
155 - Adieu ; dj je sens dans un nuage pais Nager mes yeux teints , et ferms pour jamais. Adieu , mon cher Orphe ! Eurydice expirante En vain te cherche encor de sa main dfaillante ; L'horrible mort , jetant un voile autour de moi , M'entrane loin du jour, hlas ! et loin de toi.
194 - Amour, qu'est devenu cet asile enchant Qui vit de Montespan soupirer la fiert ? Qu'est devenu l'ombrage o, si belle et si tendre , A son amant surpris et charm de l'entendre, La Vallire apprenait le secret de son cur, Et, sans se croire aime, avouait son vainqueur? Tout prit, tout succombe : au bruit de ce ravage...
176 - Dans ces prs abreuvs des eaux de la colline, Couch sur ses genoux, le buf pesant rumine Tandis qu'imptueux, fier, inquiet, ardent, Cet animal guerrier qu'enfanta le trident Dploie, en se jouant dans un gras pturage, Sa vigueur indompte et sa grce sauvage. Que j'aime et sa souplesse et son port anim ! Soit que dans le courant du fleuve accoutum, En frissonnant il plonge, et, luttant contre l'onde, Batte du pied le flot qui blanchit et qui...