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dres mendiants sont aussi exclus de toute pension , quoiqu'il leur soit défendu de mendier (1). Décidément, on voulait les faire mourir de faim.

Dans la même séance, on proposa la suppression de tout costume ecclésiastique et religieux hors des fonctions du ministère de l'église, sous prétexte qu'il était devenu odieux au peuple. M. l'évêque de Clermont y répondit avec une grande sagesse; et la philosophie, à certains égards, pourrait tenir le même langage que lui. Il a soutenu, avec le sentiment d'une piété fervente qui s'attache à lout ce qui a rapport au culte de Dieu, qu'il est un costume qui oblige à plus de circonspection, à plus de décence, et, par ces rapports secrets qui lient les mouvements de nos àmes aux mouvements de nos corps, à plus de modestie et à des meurs plus sévères. « On déchirera mon habit sur mon corps, ajouta-t-il, avant de me le faire abandonner (2). »

Les deux rapporteurs du comité ecclésiastique, Treilhard et Chasset, s'empressèrent de déclarer qu'une telle violence n'était point dans les vues du comité; qu'on ne voulait point forcer les moines à quitter leur habit; qu'on voulait tout simplement leur en laisser la liberté et le pouvoir. Sur leur rapport, l'Assemblée rendit le décret suivant :

« Les costumes particuliers de tous les ordres sont abolis, et en conséquence chaque religieux pourra se vêtir comme bon lui semblera. >>

La défense absolue du costume ecclésiastique est réservée à l'Assemblée législative.

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Le comité ecclésiastique, tout en avouant la pauvreté de la plupart des couvents de religieuses, proposa de les réduire encore. Ainsi, celles de chour ne devaient recevoir que 600 liv. de traitement, les seurs converses, 300 liv. Il faut remarquer, pour juger l'injustice du comité, que la plupart de ces pauvres religieuses avaient apporté leur dot dans ces maisons, et qu'elles n'avaient plus rien à espérer dans le monde. Regnault, Montesquiou et l'évêque de Clermont s'élevèrent, avec les forces de la justice et de l'humanité, contre la modicité de ce misérable traitement. Alors on décida, par amendement, que le maximum de leur traitement serait de 700 liv. pour les religieuses de cheur, et de 350 pour les seurs converses (1). Telle était la parcimonie de l'Assemblée pour le clergé, lorsqu'elle prenait 800 millions sur ses biens.

La question des assignats fut le sujet de longs et vifs débats. L'évêque d'Autun lui-même, si favorable à la révolution, se prononça contre, et en prédit les désastreuses conséquences. Une lutte corps à corps s'engagea alors entre Maury et Mirabeau. Le premier était contre le désastreux système des assignats, qui causa tant de pertes au commerce et tant de larmes aux citoyens. Il parla des papiers de Law, si vite discrédités, et en terminant il en tira de sa poche, en disant : « Les voilà ces papiers désastreux, couverts des larmes et du sang des peuples! Les voilà ces papiers, qui doivent être placés comme des fanaux pour marquer les écueils contre lesquels le vaisseau de la patrie peut se briser! »

(1) Moniteur, séance du 21 septembre 1790.

L'effet de ce beau mouvement fut détruit par l'éloquence de Mirabeau en faveur des assignats. Il entraîna l'Assemblée par le prestige de sa parole et par l'enthousiasme ; les 800 millions furent votés avec cours forcé et sans intérêts. A sa sortie de l'Assemblée il fut porté en triomphe, tandis que son adversaire, l'abbé Maury, faillit être assommé. Tel était l'aveuglement du peuple de cette époque (1). Ce décret est du 29 septembre (1790).

L'Assemblée s'occupa ensuite de la demande qu'avait faite le Châtelet, de mettre en accusation Mirabeau et le duc d'Orléans. Nous avons vu que l'examen de cette proposition avait été renvoyé au comité des recherches. Là se présentait la question qui a été tant débattue en 1849, à l'occasion des demandes de poursuites contre plusieurs députés impliqués dans le complot du 13 juin. Il s'agissait de savoir s'il y avait assez de preuves et d'indices, sinon pour condamner les deux prévenus, du moins pour les mettre en jugement et les soumettre à la loi commune. Cet examen, qui pouvait se faire dans quelques heures, a langui pendant près de deux mois au comité des recherches. Les membres du comité voulaient sans doute laisser se refroidir l'indignation produite par l'attentat du 6 octobre, et donner aux prévenus le temps de disposer l'opinion publique en leur faveur : c'est ce que ceux-ci n'ont pas manqué de faire, en envoyant partout des agents pour répandre et accréditer le bruit que, sous le prétexte de poursuivre des crimes, on voulait faire le procès à la révolution dans la personne de ses deux

(1) Moniteur, séance du 27 septembre 1790. -- Biogr. univ., art. Maury.

chefs les plus dévoués. Chabroud, avocat et député dauphinois, présenta à l'Assemblée, dans ce sens, un rapport habilement rédigé. On croyait y apercevoir la main de Mirabeau ; mais, au lieu de se borner à dire qu'il y avait assez ou pas assez de motifs pour livrer les deux prévenus aux tribunaux, ou les maintenir dans leur inviolabilité, il est entré dans les détails, il a discuté les faits, présenté l'appréciation des charges et des indices; en un mot, il a fait un plaidoyer, et prononcé en quelque sorte un jugement en faveur des accusés. Son rapport était un acte judiciaire, plutôt que le résultat d'un simple examen. Chabroud s'est emporté jusqu'au point d'inculper les témoins, « qui, selon lui, étaient coupables de mauvaise foi , qui avaient tout au plus cru voir ou entendre ce qu'ils disaient avoir vu ou entendu, et qui paraissaient vouloir faire le procès à la révolution. » Il a attaqué également les gardes du corps, dont la résistance intempestive et illégale lui semblait la seule cause des attentats commis par un peuple qui était venu avec les meilleures intentions (1).

Celte appréciation des faits ne faisait pas honneur à Chabroud, qui suivait en cela la méthode de Robespierre, laquelle consistait à faire passer pour auteurs ou provocateurs de crimes ceux qui en étaient les victimes. Un officier des gardes du corps, le marquis de Bonnay, ne pouvant contenir son indignation, prit la défense de ses frères d'armes avec un noble accent.

« La calomnie, dit-il, qui s'attache à la vertu, n’ob

(1) Moniteur, séances du 30 septembre et du 1er octobre.

tient jamais que des succès bornés, que des triomphes passagers. En vain les scélérats qui avaient tant d'intérêt à tromper le peuple et à l'égarer, qui avaient tant d'intérêt surtout à se frayer un chemin facile jusque dans l'asile sacré de nos rois, ont entrepris de diffamer les gardes du corps : la voix publique les a bientôt vengés. Dans cette prétendue orgie, devenue le prétexte malheureux de tant de crimes, tout homme sage n'a vu qu'un repas fraternel, consacré par l'usage entre les corps militaires, et dont l'intention était innocente et pure. Pour la première fois, dans cette tribune et dans un rapport qui, je l'avoue, m'a paru un modèle de plaidoyer pour les grands criminels, on a osé avancer que, dans les affreuses journées des 5 et 6 octobre, les gardes du corps avaient été les agresseurs : on a osé plus, on a eu l'étrange courage de s'étonner, de s'applaudir de ce que deux têtes seulement aient été coupées. On a tenté de rejeter sur les prétendues violences de ces guerriers, que j'appellerai vraiment stoïques, et qui se sont laissé égorger sans résistance, de rejeter , dis-je, sur eux les atrocités qui, dans la matinée du 6 octobre, ont souillé le palais de nos rois, et entaché à jamais notre histoire. Vains efforts ! inutile méchanceté! Vous tous, Messieurs, qui avez été témoins des faits, vous tous avez lu les pièces du procès, les seules dépositions légales et juridiques. La vérité est au grand jour. La France et l'Europe entière savent que les gardes du corps, toujours fidèles à l'honneur, toujours fidèles à la nation, à la loi et au roi, les gardes du corps, qui ont tant de fois combattu pour la patrie, et qui l'ont peut-être quelquefois sauvée, n'ont jamais été si grands que lorsque, par excès d'a

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