Du contrat social: ou Principes du droit politique

Cazin, 1782 - 266
 

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65 - Les particuliers voient le bien qu'ils rejettent ; le public veut le bien qu'il ne voit pas. Tous ont galement besoin de guides. Il faut obliger les uns conformer leurs volonts leur raison ; il faut apprendre l'autre connatre ce qu'il veut.
3 - Mais l'ordre social est un droit sacr qui sert de base tous les autres. Cependant ce droit ne vient point de la nature; il est donc fond sur des conventions.
39 - Le souverain peut bien dire, Je veux actuellement ce que veut un tel homme, ou du moins ce qu'il dit vouloir; mais il ne peut pas dire, Ce que cet homme voudra demain, je le voudrai encore...
65 - De lui-mme le peuple veut toujours le bien, mais de lui-mme il ne le voit pas toujours. La volont gnrale est toujours droite, mais le jugement qui la guide n'est pas toujours clair.
3 - Tant qu'un peuple est contraint d'obir et qu'il obit, il fait bien; sitt qu'il peut secouer le joug et qu'il le secoue, il fait encore mieux: car, recouvrant sa libert par le mme droit qui la lui a ravie, ou il est fond la reprendre, ou l'on ne l'tait point la lui ter.
64 - Rousseau : je n'entends pas seulement par ce mot une Aristocratie ou une Dmocratie, mais en gnral tout gouvernement guid par la volont gnrale, qui est la loi. Pour tre lgitime, il ne faut pas que le Gouvernement se confonde avec le Souverain, mais qu'il en soit le ministre : alors la monarchie elle-mme est rpublique...).
47 - Il importe donc, pour avoir bien l'nonc de la volont gnrale, qu'il n'y ait pas de socit partielle dans l'État, et que chaque citoyen n'opine que d'aprs lui : telle fut l'unique et sublime institution du grand Lycurgue.
42 - ... c'est comme s'ils composaient l'homme de plusieurs corps, dont, l'un aurait des yeux, l'autre des bras, l'autre des pieds et rien de plus.
35 - Ce qu'il ya de singulier dans cette alination, c'est que, loin qu'en acceptant les biens des particuliers la communaut les en dpouille, elle ne fait que leur en assurer la lgitime possession, . changer l'usurpation en un vritable droit, et la jouissance en proprit.
49 - ... |Tous les services qu'un citoyen peut rendre l'État, il les lui doit sitt que le souverain les demande; mais le souverain, de son ct, ne peut charger les sujets d'aucune chane inutile la communaut : il ne peut pas mme le vouloir; car, sous la loi de raison, rien ne se fait sans cause, non plus que sous la loi de nature.