Philosophie sensualiste au dix-huitime sicle

Librairie nouvelle, 1856 - 360
 

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268 - Sans pouvoir obliger personne les croire, il peut bannir de l'tat quiconque ne les croit pas ; il peut le bannir, non comme impie, mais comme insociable, comme incapable d'aimer sincrement les lois, la justice, et d'immoler au besoin sa vie son devoir. Que si quelqu'un, aprs avoir reconnu publiquement ces mmes dogmes, se conduit comme ne les croyant pas, qu'il soit puni de mort ; il a commis le plus grand des crimes : il a menti devant les lois.
311 - L'homme n'est qu'un roseau le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'craser. Une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais quand l'univers l'craserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt; et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien.
29 - ... peut-tre ne serons-nous jamais capables de connatre si un tre purement matriel pense' ou non , par la raison qu'il nous est impossible de dcouvrir par la contemplation de nos propres ides, sans rvlation , si Dieu n'a point donn quelque amas de matire, dispose comme il le trouve propos, la puissance d'apercevoir et de penser, ou s'il a joint et uni la matire ainsi dispose une substance immatrielle qui pense.
268 - Il ya donc une profession de foi purement civile dont il appartient au souverain de fixer les articles, non pas prcisment comme dogmes de religion, mais comme sentiments de sociabilit, sans lesquels il est impossible d'tre bon citoyen ni sujet fidle.
120 - Pourquoi donc n'y tomberoit-elle pas ? Cette moralit consiste uniquement dans la conformit de nos actions avec les lois : or ces actions sont visibles, et les lois le sont galement, puisqu'elles sont des conventions que les hommes ont faites.
171 - Ame abjecte', c'est ta triste philosophie qui te rend semblable elles ! ou plutt tu veux en vain t'avilir; ton gnie dpose contre tes principes , ton cur bienfaisant dment ta doctrine , et l'abus mme de tes facults prouve leur excellence en dpit de toi.
176 - S'il parle de l'intrt rflchi, calcul, par lequel l'homme se compare aux autres et se prfre, il est faux que les hommes, mme les plus corrompus, se conduisent toujours par ce principe. Il est faux que les sentiments moraux n'influent pas sur leurs jugements, sur leurs actions, sur leurs affections.
11 - ... de diffrents cts. Aprs nous tre fatigus quelque temps, sans nous trouver plus en tat de rsoudre les doutes qui nous embarrassaient , il me vint dans l'esprit que nous prenions un mauvais chemin , et qu'avant de nous engager dans ces sortes de recherches , il tait ncessaire d'examiner notre propre capacit , et de voir quels objets sont notre porte , ou au-dessus de notre comprhension.
172 - Conscience ! conscience ! instinct divin, immortelle et cleste voix ; guide assur d'un tre ignorant et born, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal, qui rends l'homme semblable Dieu ! c'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralit de ses actions...
54 - De l il arrive que non - seulement la conscience nous donne connaissance de nos perceptions, mais encore, si elles se rptent, elle nous avertit souvent que nous les avons dj eues, et nous les fait connatre comme tant nous, ou comme affectant , malgr leur varit et leur succession , un tre qui est constamment le mme nous. La conscience, considre par rapport ces nouveaux effets , est une nouvelle opration qui nous sert chaque instant, et qui est le fondement de...