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ERICK LIBRATA

NEW YORK

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Le roi à Paris. La cocarde nationale. La nation. - Le lion et le chien. Marat. L'Assemblée suit le roi. — L'archevêché.

La guerre aux mots. Abandon de Versailles. Mademoiselle de Montansier. Mirabeau. - La loi martiale. Le boulanger François. Ses défenseurs.

Sa mort. Sa femme et son enfant. - La loi martiale demandée, discutée et décrétée. Fleur-d'Èpine. Secours à la veuve François. Texte de la loi martiale. - Loustalot et Marat. Mirabeau. - Sa crainte. La Fayette. Le duc d'Orléans exilé. Le serf du Jura. Sa réception à l'Assemblée. · Visite aux prisons civiles et ecclésiastiques.

Les veux. Les juifs. Les comédiens. · Les protestants. - Rabaut-Saint-Étienne.- Erreurs de l'Assemblée.Électorat. — Éligibilité. Citoyens actifs et passifs. – Robespierre et Grégoire. Prieur (de la Marne). Camille Desmoulins. Les caricatures. Les biens du clergé. L'évêque d'Autun. Vacance des parlements. Les lettres de mort. Le manége. Les chevaux. L'affiche de théâtre.

Les acteurs. Les bais. Les noirs. Les impartiaux.

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A partir du moment où commence notre récit, - 6 octobre 1789, Louis XVI et la Révolution sont définitivement en présence l'un de l'autre.

En effet, le retour du roi à Paris, au milieu de ce peuple qui l'a reconquis, comme dit Bailly, est le complément logique du mouvement insurrectionnel qui a pris la Bastille et forcé le roi à quitter momentanément Versailles, pour venir à l'hôtel de ville reconnaître la cocarde tricolore comme cocarde de la nation.

Remarquez la valeur que prennent les mots. La cocarde tricolore n'est pas la cocarde de la France, c'est la cocarde nationale, c'est-à-dire la cocarde de la nation.

Il commence donc à exister en France quelque chose de plus avancé que la France, quelque chose qui existait et dont on ignorait l'existence, quelque chose qui point, qui sort de terre, qui apparait et dont on salue l'apparition.

Ce quelque chose, c'est la nation.

Puis, au sein de la nation, autre chose encore ; un pouvoir qui grandit en un instant, qui, inconnu la veille, sera le lendemain l'égal de la royauté, qui, le surlendemain, sera son maître.

Ce pouvoir, c'est l'Assemblée nationale.

Aussi, quand le roi quitte Versailles, vous allez voir l'Agsemblée suivre le roi.

Ce terrible pouvoir qui grandit ne quittera plus ce faible pouvoir qui tombe.

Assemblée nationale, elle le protége.
Assemblée législative, elle lutte contre lui.
Convention nationale, elle l'étouffe.

Tant que la royauté avait séjourné à Versailles avec les Broglie, les Bezenval et les Lambesc, la royauté était retranchée contre le peuple.

Et le peuple était le serf de la royauté,

Mais le peuple a pris Versailles, comme il a pris la Bastille, comme il prendra les Tuileries.

Le roi est le mandataire du peuple.

Vous rappelez-vous avoir vu au Jardin des Plantes, enfermés dans la même cage, ce lion fier et puissant qui caressait de la patte un pauvre petit chien tout tremblant, car celui-ci ne pouvait croire à la clémence de son terrible compagnon?

Eh bien, c'est le peuple et la royauté.

Seulement, comme ce lion quand on lui donna ce chien, le peuple fut enchanté; quand il fut maître de son roi, il commença par jouer avec lui, par le caresser, par burler d'aise aux caresses qu'il en reçut.

En effet, le roi installé aux Tuileries, le jardin fut encombré non pas de curieux, mais de fidèles sujets voulant voir leur roi.

A cette époque, tout le monde est encore royaliste, excepté Camille Desmoulins, qui est déjà républicain, et Marat, qui se transforme.

Soyez tranquilles, nous allons parler de Marat, cette puissante individualité qui, pendant ses quatre ans de royauté démagogique, n'a voulu s'allier avec aucun homme ni avec aucun principe, et qui fait répondre à Camille Desmoulins et à Fréron, lesquels lui proposent de fondre l'Ami du peuple avec la Tribune des Patriotes :

- L'aigle est toujours seul, mais le dindon fait troupe.

Seulement, son tour n'est pas encore arrivé, et il faut que nous revenions d'abord à l'Assemblée nationale.

Le roi parti, l'Assemblée s'occupa de le suivre.

Le 8 octobre, elle envoie une députation pour choisir le local provisoire de ses séances, jusqu'à ce que le manége des Tuileries, qui lui est destiné, soit prêt à la recevoir.

La députation choisit pour son local provisoire la salle de l'archevêché.

En attendant, l'Assemblée fait la guerre aux mots.

Elle change par un décret le titre de roi de France et de Navarre en celui de roi des Français.

Elle proscrit les formules royales De notre science certaine et pleine puissance, et Car tel est notre bon plaisir, et décide qu'à ces formules seront substituées celles-ci : Louis, par la grâce de Dieu, et par la loi constitutionnelle de l'État...

Puis, le 19, elle vient s'établir dans la salle de l'archevêché, tant elle a hâte de se rapprocher de son roi, ou plutôt de veiller sur son prisonnier.

De ce moment commence l'agonie de ce favori sans mérite qu'on appelle Versailles.

Versailles vivait de la royauté, la royauté le quitte, et Versailles s'en va mourant. La planète entraine les satellites : les courtisans s'en éloignent, les familles riches l'abandonnent, et mademoiselle de Montansier, elle-même, directrice du théâtre, se déclare, comme l'Assemblée nationale, inséparable de Sa Majesté, et accompagne Sa Majesté à Paris.

Aussi voyez : voilà les deux pouvoirs à Paris, le roi dans son château, l'Assemblée dans son archevêché; tous deux ont une garde.

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