Annales du muse et de l'cole moderne des beaux-arts...: Tome complementaire, 1809. 1 v

C. P. Landon, 1809
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80 - Tes remords te suivront comme autant de furies; Tu croiras les calmer par d'autres barbaries; Ta fureur, s'irritant soi-mme dans son cours, D'un sang toujours nouveau marquera tous tes jours. Mais j'espre qu'enfin le ciel, las de tes crimes, Ajoutera ta perte tant d'autres victimes; Qu'aprs t'tre couvert de leur sang et du mien, Tu te verras forc de rpandre le tien; Et ton nom paratra dans la race future, Aux plus cruels tyrans une cruelle injure.
121 - O mon fils, de ce nom j'ose encor vous nommer, Souffrez cette tendresse, et pardonnez aux larmes Que m'arrachent pour vous de trop justes alarmes. Loin du trne nourri, de ce fatal honneur, Hlas! vous ignorez le charme empoisonneur. De l'absolu pouvoir vous ignorez l'ivresse, Et des lches flatteurs la voix enchanteresse.
50 - Perfide, je le voi : Tu comptes les moments que tu perds avec moi! Ton cur, impatient de revoir ta Troyenne, Ne souffre qu' regret qu'une autre t'entretienne. Tu lui parles du cur, tu la cherches des yeux. Je ne te retiens plus, sauve-toi de ces lieux; Va lui jurer la foi que tu m'avais jure; Va profaner des dieux la majest sacre : Ces dieux, ces justes dieux n'auront pas oubli Que les mmes serments avec moi t'ont li. Porte au pied des autels ce cur qui m'abandonne : Va, cours;...
43 - Les moments me sont chers ; coutez-moi, Thse : C'est moi qui, sur ce fils chaste et respectueux, Osai jeter un il profane, incestueux. Le ciel mit dans mon sein une flamme funeste : La dtestable none a conduit tout le reste.
97 - Que dis-je? Cet aveu que je te viens de faire, Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ? Tremblante pour un fils que je n'osais trahir, Je te venais prier de ne le point har. Faibles projets d'un cur trop plein de ce qu'il aime!
50 - Rserve d'autres yeux la gloire de vous plaire, Achevez votre hymen, j'y consens; mais, du moins, Ne forcez pas mes yeux d'en tre les tmoins. Pour la dernire fois je vous parle peut-tre ; Diffrez-le d'un jour, demain vous serez matre Vous ne rpondez point?...
8 - Furieuse, elle vole, et, sur l'autel prochain, Prend le sacr couteau, le plonge dans son sein. A peine son sang coule et fait rougir la terre, Les dieux font sur l'autel entendre le tonnerre; Les vents agitent l'air d'heureux frmissements...
121 - Entre le pauvre et vous , vous prendrez Dieu pour juge Vous souvenant , mon fils , que cach sous ce lin , Comme eux vous ftes pauvre , et comme eux orphelin JOAS, au milieu de la table , ayant la main sur le livre saint.
49 - Sans que ta mort encor, honteuse ma mmoire, De mes nobles travaux vienne souiller la gloire. Fuis : et, si tu ne veux qu'un chtiment soudain T'ajoute aux sclrats qu'a punis cette main, Prends garde que jamais l'astre qui nous claire Ne te voie en ces lieux mettre un pied tmraire. Fuis, dis-je; et, sans retour prcipitant tes pas , De ton horrible aspect purge tous mes tats.
115 - N'at-il que des États qu'il me puisse donner ? Depuis quand croyez-vous que ma grandeur me touche ? Un soupir, un regard, un mot de votre bouche, Voil l'ambition d'un cur comme le mien : Voyez-moi plus souvent, et ne me donnez rien.