Revue des deux mondes, 42; 92; 98

Franois Buloz, Charles Buloz, Ferdinand Brunetire, Francis Charmes, Ren Doumic, Andr Chaumeix
Au bureau de la Revue des deux mondes., 1872
 

 - 

.

-

266 - Mais quand j'ai pens de plus prs, et qu'aprs avoir trouv la cause de tous nos malheurs, j'ai voulu en dcouvrir la raison, j'ai trouv qu'il y en a une bien effective, qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misrable, que rien ne peut nous consoler, lorsque nous y pensons de prs.
266 - Ce n'est pas qu'il y ait en effet du bonheur, ni qu'on s'imagine que la vraie batitude soit d'avoir l'argent qu'on peut gagner au jeu, ou dans le livre qu'on court ; on n'en voudrait pas s'il tait offert. Ce n'est pas cet usage mol et paisible et qui nous laisse penser notre malheureuse condition qu'on recherche...
261 - Chaulnes est si singulier, qu'il est impossible de le dfinir: il ne peut tre compar qu' l'espace ; il en a pour ainsi dire toutes les dimensions , la profondeur, l'tendue et le nant ; il prend toutes sortes de formes et n'en conserve aucune; c'est une abondance d'ides toutes indpendantes l'une de l'autre, qui se dtruisent et se rgnrent perptuellement. Il ne lui manque aucun attribut de l'esprit , et l'on ne peut dire cependant qu'elle en possde aucun...
366 - Dijon les 21, 22 et 23 janvier. Voil encore un de ces vnemens militaires double face o, selon le point de vue, les uns aperoivent un succs et les autres dcouvrent un chec. C'est comme la bataille de Toulouse, que le marchal Soult perdit et gagna pendant quarante ans dans les journaux. J'exprimerai, si l'on veut bien, mon avis, trs incomptent, mais sincre. D'abord nous fmes surpris; c'est la rgle. Les Prussiens, enlevant les postes de francs-tireurs dissmins dans...
105 - Des abus relatifs au service militaire est ne la ncessit (si tant est qu'on puisse appeler ncessit un acte condamnable en soi) d'altrer les monnaies du royaume, altrations par suite desquelles ceux qui ont des rentes en argent ont perdu d'abord le quart, puis le tiers, ensuite la moiti, enfin le tout. Moi qui cris ces choses, je sais que chaque anne j'ai vu mon revenu diminuer de 500 livres tournois depuis qu'on a commenc changer les monnaies.
432 - ... Toutefois, Paris en tombant nous laisse le prix de ses sacrifices hroques. Pendant cinq mois de privations et de souffrances, il a donn la France le temps de se reconnatre, de faire appel ses enfants, de trouver des armes et de former des armes, jeunes encore, mais vaillantes et rsolues, auxquelles il n'a manqu jusqu' prsent que la solidit, qu'on n'acquiert qu' la longue; grce Paris, si nous sommes des patriotes rsolus, nous tenons en main tout ce qu'il faut...
426 - ... guerre civile sans frein et sans issue, une srie d'agitations et de luttes qui seront trs-difficiles comprendre, car chaque parti a son but personnel, qu'il n'avoue qu'aprs le succs. Les gens de bonne foi qui ont des principes sincres sont ceux qui comprennent le moins des vnements atroces comme ceux des journes de juin. Plus ils sont sages, plus le spectacle de ces dlires les dconcerte. L'opinion rpublicaine est celle qui compte le plus de partis, ce qui prouve qu'elle...
314 - ... situation que fait la France la crise politique qui vient d'clater, il est d'une importance suprme que l'ordre ne soit pas troubl. Nous vous adjurons d'viter tout ce qui serait de nature augmenter l'motion publique. Jamais le calme de la force ne fut plus ncessaire. Restez calmes. Il y va du salut de la France et de la Rpublique!
268 - ... sa prison plutt que de se voir expos l'ignominie publique, et c'est exactement cette honnte pudeur qui fait qu'on le trane dans un tombereau, et qu'on lui met un billon la bouche comme au dernier des sclrats. Mon Dieu ! que je suis aise d'avoir quitt Paris avant cette horrible scne ! je me serais fait dchirer, ou mettre la Bastille.
338 - Pour ne pas parler de ce qu'on rapporte des hommes marins, il ya des btes qui semblent avoir autant de connaissance et de raison que quelques animaux qu'on appelle hommes ; et il ya une si grande proximit entre les animaux et les vgtaux, que, si vous prenez le plus imparfait de l'un et le plus parfait de l'autre, peine remarquerez-vous aucune diffrence considrable entre eux.