Oeuvres de J.J. Rousseau, 5

Werdet et Lequien, 1826
 

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141 - Celui qui ose entreprendre d'instituer un peuple doit se sentir en tat de changer pour ainsi dire la nature humaine, de transformer chaque individu, qui par lui-mme est un tout parfait et solitaire, en partie d'un plus grand tout dont cet individu reoive en quelque sorte sa vie et son tre...
129 - On convient que tout ce que chacun aline , par le pacte social , de sa puissance , de ses biens , de sa libert , c'est seulement la partie de tout cela dont l'usage importe la communaut ; mais il faut convenir aussi que le souverain seul est juge de cette importance.
210 - La souverainet ne peut tre reprsente , par la mme raison qu'elle ne peut tre aline ; elle consiste essentiellement dans la volont gnrale , et la volont ne se reprsente point : elle est la mme , ou elle est autre; il n'ya point de milieu.
113 - A l'instant, au lieu de la personne particulire de chaque contractant, cet acte d'association produit un corps moral et collectif compos d'autant de membres que l'assemble a de voix, lequel reoit de ce mme acte son unit, son moi commun, sa vie et sa volont.
298 - C'est l'ducation qui doit donner aux mes la forme nationale , et diriger telleI ment leurs opinions et leurs gots , qu'elles soient patriotes par inclination , par passion , par ncessit.
117 - Quoiqu'il se prive dans cet tat de plusieurs avantages qu'il tient de la nature, il en regagne de si grands, ses facults s'exercent et se dveloppent, ses ides s'tendent, ses sentiments s'ennoblissent, son...
210 - Le peuple anglais pense tre libre, il se trompe fort; il ne l'est que durant l'lection des membres du parlement : sitt qu'ils sont lus, il est esclave, il n'est rien. Dans les courts moments de sa libert, l'usage qu'il en fait mrite bien qu'il la perde.
126 - On veut toujours son bien, mais on ne le voit pas toujours : jamais on ne .corrompt le peuple, mais souvent on le trompe, et c'est alors seulement qu'il parat vouloir ce qui est mal.
114 - A l'gard des associs, ils prennent collectivement le nom de peuple, et s'appellent en particulier citoyens, comme participant l'autorit souveraine, et sujets, comme soumis aux lois de l'État.
155 - ... il ne faut pas entendre par ce mot que les degrs de puissance et de richesse soient absolument les mmes, mais que, quant la puissance, elle soit audessous de toute violence et ne s'exerce jamais qu'en vertu du rang et des lois et, quant la richesse, que nul citoyen ne soit assez opulent pour en pouvoir acheter un autre, et nul assez pauvre pour tre contraint de se vendre.