Manuel de littrature franaise: comprenant: 10 des notices biographiques et littraires; 20 des oeuvres ou morceaux choisis de chaque auteur; 30 des notes explicatives; 40 un questionnaire dtaill pour chaque auteur, 10

W.R. Jenkins Company, 1893 - 403
 

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165 - Le cruel Dieu des Juifs l'emporte aussi sur toi. je te plains de tomber dans ses mains redoutables, Ma fille. En achevant ces mots pouvantables, Son Ombre vers mon lit a paru se baisser. Et moi, je lui tendais les mains pour l'embrasser. Mais je n'ai plus trouv qu'un horrible mlange D'os et de chair meurtris, et trans dans la fange, Des lambeaux pleins de sang, et des membres affreux, Que des chiens dvorants se disputaient entre eux.
27 - L'homme n'est qu'un roseau le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'craser. Une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais quand l'univers l'craserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt; et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien.
199 - Tertullien * , parce qu'il nous montre encore quelque forme humaine, ne lui demeure pas longtemps: il devient un je ne sais quoi, qui n'a plus de nom dans aucune langue; tant il est vrai que tout meurt en lui, jusqu' ces termes funbres par lesquels on exprimait ses malheureux restes.
65 - Ah ! c'est moi ! Mon esprit est troubl, et j'ignore o je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hlas ! mon pauvre argent ! mon pauvre argent ! mon cher ami ! on m'a priv de toi ; et, puisque tu m'es enlev, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie : tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde.
20 - Le premier tait de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse videmment tre telle; c'est--dire d'viter soigneusement la prcipitation et la prvention, et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se prsenterait si clairement et si distinctement mon esprit que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute.
65 - ... cher ami ! on m'a priv de toi; et puisque tu m'es enlev, j'ai perdu mon support , ma consolation , ma joie : tout est fini pour moi , et je n'ai plus que faire au monde. Sans toi , il m'est impossible de vivre. C'en est fait ; je n'en puis plus; je me meurs; je suis mort; je suis enterr.
126 - Le marchal, aprs avoir lu, dit au Roi : ' Sire, Votre Majest juge divinement bien de toutes choses ; il est vrai que voil le plus sot et le plus ridicule madrigal que j'aie jamais lu.
18 - Mais elle tait du monde, o les plus belles choses Ont le pire destin ; Et rose elle a vcu ce que vivent les roses, L'espace d'un matin.
66 - N'est-il point cach l parmi vous? Ils me regardent tous, et se mettent rire. Vous verrez qu'ils ont part, sans doute, au vol que l'on m'a fait. Allons vite, des commissaires, des archers, des prvts, des juges, des gnes, des potences, et des bourreaux.
102 - Seigneur, de vos bonts il faut que je l'obtienne; Elle a trop de vertus pour n'tre pas chrtienne ! Avec trop de mrite il vous plut la former Pour ne vous pas connatre et ne vous pas aimer, Pour vivre des enfers esclave infortune, Et sous leur triste joug mourir comme elle est ne.