Montesquieu & J.-J. Rousseau: Esprit des lois, livre I. Contrat social, livres I et II.

 

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111 - Celui qui ose entreprendre d'instituer un peuple doit se sentir en tat de changer pour ainsi dire la nature humaine, de transformer chaque individu, qui par lui-mme est un tout parfait et solitaire, en partie d'un plus grand tout dont cet individu reoive en quelque sorte sa vie et son tre...
141 - Que si quelqu'un, aprs avoir reconnu publiquement ces mmes dogmes, se conduit comme ne les croyant pas, qu'il soit puni de mort ; il a commis le plus grand des crimes : il a menti devant les lois.
71 - Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprme direction de la volont gnrale; et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout 24.
77 - ... si les abus de cette nouvelle condition ne le dgradaient souvent au-dessous de celle dont il est sorti '-', il devrait bnir sans cesse l'instant heureux qui l'en arracha pour jamais, et qui, d'un animal stupide et born, fit un tre intelligent et un homme.
47 - Je veux chercher si , dans l'ordre civil , il peut y avoir quelque rgle d'administration lgitime et sre, en prenant les hommes tels qu'ils sont, et les lois telles qu'elles peuvent tre. Je tcherai d'allier toujours , dans cette recherche , ce que le droit permet avec ce que l'intrt prescrit , afin que la justice et l'utilit ne se trouvent point divises.
27 - Il n'tait question d'abord que de m'exercer la lecture par des livres amusants; mais bientt l'intrt devint si vif que nous lisions tour tour sans relche et passions les nuits cette occupation. Nous ne pouvions jamais quitter qu' la fin du volume. Quelquefois mon pre, entendant le matin les hirondelles, disait tout honteux : Allons nous coucher; je suis plus enfant que toi.
67 - Or, comme les hommes ne peuvent engendrer de nouvelles forces, mais seulement unir et diriger celles qui existent, ils n'ont plus d'autre moyen pour se conserver que de former par agrgation une somme de forces qui puisse l'emporter sur la rsistance, de les mettre en jeu par un seul mobile, et de les faire agir de concert.
25 - Il faut qu'elles se rapportent la nature et au principe du gouvernement qui est tabli, ou qu'on veut tablir, soit qu'elles le forment, comme font les lois politiques ; soit qu'elles le maintiennent, comme font les lois civiles.
119 - La plupart des peuples , ainsi que des hommes , ne sont dociles que dans leur jeunesse; ils deviennent incorrigibles en vieillissant. Quand une fois les coutumes sont tablies et les prjugs enracins , c'est une entreprise dangereuse et vaine de vouloir les rformer; le peuple ne peut pas mme souffrir qu'on touche ses maux pour les dtruire , semblable ces malades stupides et sans courage qui frmissent l'aspect du mdecin.
72 - A l'gard des associs, ils prennent collectivement le nom de peuple, et s'appellent en particulier citoyens, comme participant l'autorit souveraine, et sujets, comme soumis aux lois de l'État.