Bibliothque des mmoires relatifs l'histoire de France pendant le 18e sicle: avec avant-propos et notices

Franois Barrire, Mathurin Lescure
Firmin-Didot, 1862
 

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261 - Franais esclaves qui rgnent, ni aucun de ces esclaves, 260 qui servent. Au mois de mars de cette anne, je reus des lettres de ma mre, qui furent les dernires. Elle y exprimait, avec la tendresse la plus vive et la plus chrtienne, son inquitude de me voir, ce qu'elle disait, dans un pays o il ya tant de troubles , o l'exercice de la religion catholique n'est plus libre, et o l'on s'attend de nouveaux dsordres et de nouveaux malheurs.
32 - Moi, tout en marchant, et faisant un demi-tour droite, je tombe et vais donner de la tte sur un des chenets rests par mgarde dans la chemine depuis l'hiver prcdent.
280 - J'ignore comment il se fit que, dans le moment le plus triste de ma vie , celui o nous tombions dans un esclavage d'o il tait impossible de sortir, dans un moment o je n'avais plus ni temps ni moyens pour excuter ce que je voulais entreprendre , mon esprit se releva. Je me sentis tout coup enflamm d'un feu crateur, et dans une de mes promenades, je...
78 - ... la petite bouche que font les lvres de celui qui le prononce : on dirait la grimace ridicule des singes. A prsent mme , depuis cinq six ans que je suis en France, quoique j'aie les oreilles pleines de cet U, je ne puis m'empcher d'en rire toutes les fois que j'y prends garde au thtre, et surtout dans les salons (comdie perptuelle), o l'on voit de petites lvres se contracter en parlant, comme si elles soufflaient sur un potage bouillant. Perdant ainsi mon temps Florence...
204 - Ses affaires cependant commenaient s'claircir, et la fin de mars elle avait obtenu du pape la permission de sortir du couvent et de rester, sans bruit, spare de son mari, dans un appartement que son beau-frre, qui demeurait hors de Rome, lui laissait dans son palais. J'aurais voulu revenir dans cette ville ; cependant je sentais que je ne le devais pas.
260 - Je ne voulus jamais, ni frquenter , ni connatre seulement de vue aucun de ces innombrables faiseurs de fausse libert. J'prouvais pour eux la plus invincible rpugnance et le plus profond mpris.
24 - ... gens que ceux de quelques novices des Carmes, qui pouvaient avoir de quatorze seize ans peu prs et qui assistaient aux diverses crmonies de l'glise, vtus de leurs rochets blancs. Leurs jeunes visages, peu diffrents des visages fminins, avaient laiss dans mon cur tendre et sans exprience cette mme impression et le mme dsir de les voir que le visage de ma sur y avait imprim. Ce sentiment, enfin, diversifi de tant de manires, n'tait pourtant que l'amour....
94 - Marseille, tait de me baigner presque tous les soirs dans la mer; j'avais trouv un petit endroit fort agrable, sur une langue de terre place droite hors du port, o, en m'asseyant sur le sable, le dos appuy contre un...
186 - ... thtres et la promenade. Il m'en tait rest dans les yeux et en mme temps dans le cur une premire impression trs-agrable; des yeux trs-noirs (Bonstetten avait dit seulement bleu fonc, mais Alfieri dut y regarder de plus prs) et pleins d'une douce flamme, joints, chose rare ! une peau trs-blanche et des cheveux blonds, donnaient sa beaut un tel clat qu'il tait difficile, sa vue, de ne pas se sentir tout coup saisi et subjugu. Elle avait vingt-cinq...
38 - ... 1758. A l'ge de neuf ans et demi, je me trouvai donc tout coup transplant au milieu de gens inconnus, loign tout fait de mes parents, isol et abandonn, pour ainsi dire, moi-mme ; car cette espce d'ducation publique (si l'on veut bien lui donner ce nom), n'influait en rien sur l'me de ces jeunes gens, except dans les tudes, et encore Dieu sait comment ! Jamais aucune maxime de morale , jamais aucun enseignement propre la conduite de la vie n'y tait donn.