Mmoires historiques, littraires et anecdotiques, tirs de la Correspondance philosophique et critique, adresse au duc de Saxe Gotha, depuis 1770 jusqu 'en 1790, 3

 

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374 - Du moins ne permets pas. . . La Mollesse oppresse Dans sa bouche ce mot sent sa langue glace , Et , lasse de parler, succombant sous l'effort , Soupire , tend les bras , ferme l'il , et s'endort.
374 - Maudit soit l'auteur dur dont l'pre et rude verve , Son cerveau tenaillant , rima malgr Minerve ; Et , de son lourd marteau martelant le bon sens , A fait de mchants vers douze fois douze cents
177 - J'ai donn ma pice au public pour l'amuser et non pour l'instruire, non pour offrir des bgueules mitiges le plaisir d'en aller penser du bien en petite loge condition d'en dire du mal en socit. Les plaisirs du vice et les honneurs de la vertu, telle est la pruderie du sicle. Ma pice n'est point un ouvrage quivoque, il faut l'avouer ou la fuir. Je vous salue, monsieur le duc, et je garde ma loge.
456 - Ce n'est point dans de vaines louanges que s'panchera ma reconnaissance; mais j'essayerai du moins d'exprimer ce que j'ai vu, ce que j'ai senti, et ceux de tes amis qui verront cette faible esquisse y trouveront peut-tre quelques traits de ton image fidlement rendus. * * * L'artiste qui aurait cherch l'idal de la tte d'Aristote ou de Platon et difficilement rencontr une tte moderne plus digne de ses tudes que celle de Diderot.
177 - M. le Duc, pour des femmes qui se permettent de voir un spectacle qu'elles jugent malhonnte , pourvu qu'elles le voient en secret ; je ne me prte point de pareilles fantaisies. J'ai donn ma pice au public pour l'amuser et non pour l'instruire, non pour offrir des...
4 - ... -jointe M. le comte de Maurepas, pour aller servir comme volontaire sur la flotte de M. le comte d'Orvilliers, prvoyant qu'il y aura encore moins de guerre sur terre cette anne que la dernire. Vous portez, madame, un nom familiaris avec la gloire militaire ; comme femme, vous aimez celle de notre sexe.
461 - On ne me louera , j'en conviens , ni dans ce moment o je suis , ni quand je ne serai plus; mais je m'en estimerai moi-mme , et l'on m'en aimera davantage. Ce n'est point un mauvais change que celui de la bienfaisance dont la rcompense est sre, contre de la clbrit qu'on n'obtient pas toujours, et qu'on n'obtient jamais sans inconvnient. Je n'ai jamais regrett le temps que j'ai donn aux autres, je n'en dirais pas autant de celui que j'ai employ pour moi.
171 - Je vis hier, du fond d'une coulisse, L'extravagante nouveaut Qui, triomphant de la police, Profane des Franais le spectacle enchant. Dans ce drame effront, chaque acteur est un vice : Bartholo nous peint l'avarice ; Almaviva le...
167 - Le Mariage de Figaro a eu ds la premire reprsentation un succs prodigieux. Ce succs, qui se soutiendra longtemps, est d principalement la conception mme de l'ouvrage ; conception aussi folle qu'elle est neuve et originale. C'est un imbroglio dont le fil, facile saisir, amne cependant une foule de situations galement plaisantes et imprvues, resserre sans cesse avec art le nud de l'intrigue, et conduit enfin un dnouement tout...
79 - Nous sommes sur le point de perdre MM. d'Alembert et Diderot (1) : le premier, d'un marasme joint une maladie de vessie; le second, d'une hydropisie. Il est bien singulier que deux hommes qui ont donn ensemble le ton leur sicle, qui ont lev ensemble l'difice d'un ouvrage qui leur assure l'immortalit, semblent se runir encore pour descendre dans le tombeau. M. le marquis de Condorcet, qui rend M. d'Alembert les devoirs qu'un pre pourrait attendre d'un fils, est secrtaire...