Le Correspondant, 86

Charles Douniol, 1872
 

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309 - LE premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire ceci est moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la socit civile...
310 - Que si quelqu'un, aprs avoir reconnu publiquement ces mmes dogmes, se conduit comme ne les croyant pas, qu'il soit puni de mort ; il a commis le plus grand des crimes : il a menti devant les lois.
308 - Trouver une forme d'association qui dfende et protge de toute la force commune la personne et les biens de chaque associ, et par laquelle chacun, s'unissant tous, n'obisse pourtant qu' lui-mme, et reste aussi libre qu'auparavant!
296 - II est vrai que dans les dmocraties le peuple parat faire ce qu'il veut ; mais la libert politique ne consiste point faire ce que l'on veut. Dans un tat, c'est--dire dans une socit o il ya des lois, la libert ne peut consister qu' pouvoir faire ce que l'on doit vouloir, et n'tre point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir.
314 - Il ya telles positions malheureuses o l'on ne peut conserver sa libert qu'aux dpens de celle d'autrui, et o le citoyen ne peut tre parfaitement libre que l'esclave ne soit extrmement esclave.
291 - Il ne suffit pas qu'il y ait dans une monarchie des rangs intermdiaires; il faut encore un dpt de lois. Ce dpt ne peut tre que dans les corps politiques, qui annoncent les lois lorsqu'elles sont faites, et les rappellent lorsqu'on les oublie.
991 - Jamais aucune main sur la corde sonore Ne guida dans ses jeux ma main novice encore : L'homme n'enseigne pas ce qu'inspire le ciel ; Le ruisseau n'apprend pas couler dans sa pente, L'aigle fendre les airs d'une aile indpendante, L'abeille composer son miel.
311 - Il s'ensuit de ce qui prcde que la volont gnrale est toujours droite et tend toujours l'utilit publique : mais il ne s'ensuit pas que les dlibrations du peuple aient toujours la mme rectitude. On veut toujours son bien, mais on ne le voit pas toujours : jamais on ne .corrompt le peuple, mais souvent on le trompe, et c'est alors seulement qu'il parat vouloir ce qui est mal.
294 - QUOIQUE tous les tats aient en gnral un mme objet, qui est de se maintenir, chaque tat en a pourtant un qui lui est particulier. L'agrandissement toit l'objet de Rome; la guerre, celui de Lacdmone; la religion , celui des lois judaques ; le commerce, celui de* Marseille; la tranquillit publique, celui des lois...
297 - C'est un beau spectacle que celui des lois fodales. Un chne antique s'lve ' ; l'il en voit de loin les feuillages : il approche ; il en voit la tige , mais il n'en aperoit point les racines : il faut percer la terre pour les trouver.