Revue des deux mondes, 2; 14; 28; 121

Au bureau de la Revue des deux mondes., 1858
 

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280 - Dieu soit lou de ce que ce n'est pas moi qui commence la guerre , et de ce que le roi de France veut me faire plus grand que je ne suis ; car en peu de temps , ou je serai un bien pauvre empereur, ou il sera un pauvre roi de
476 - La tentative de construire la thorie des choses par le jeu des formules vides de l'esprit est une prtention aussi vaine que celle du tisserand qui voudrait produire de la toile en faisant aller sa navette sans y mettre du fil.
635 - Qui passera de nous deux? qui cdera la place l'autre? Le moins habile? mais je suis aussi habile que lui; il faudra se battre sur cela. Il a quatre laquais, et je n'en ai qu'un : cela est visible; il n'ya qu' compter; c'est moi cder, et je suis un sot si je conteste. Nous voil en paix par ce moyen-, ce qui est le plus grand des biens.
467 - Un mol, une page, reclent alors une rvolution intellectuelle, et les esprits, aspirant le souffle d'un monde inconnu, ressemblent ces tres ariens des fables antiques que le vent seul faisait concevoir. La scheresse, le formalisme, la petitesse d'esprit, n'ont jamais t, dans les temps modernes, ports plus loin qu'en France la fin du dernier sicle et au commencement de celui-ci. Enferme dans un cadre...
16 - ... taient destins, armes ou outils. En majeure partie, ils se ressemblent par leur forme gnrale, qui est le plus ordinairement un ovode aplati, dont la partie suprieure ou le gros bout qui est mousse est rest dans son tat primitif, et dont les bords et la pointe sont aussi tranchants que le permet une industrie qui n'avait jamais song les polir. D'autres ressemblent un poignard, d'autres encore ont la forme d'une pyramide triangulaire, et les artes sont creuses fort irrgulirement...
481 - ... en supposant que le monde ne ft que le cauchemar d'une divinit malade , ou une apparition fortuite la surface du nant : rve ou ralit, uvre de lumire ou de tnbres, ce monde est plein de mystres que nous sommes invinciblement ports pntrer.
476 - L'ancienne psychologie, envisageant l'individu d'une manire isole, faisait une uvre utile sans doute, et qui a amen de solides rsultats-, mais notre sicle a bien vu qu'au-del de l'individu il ya l'espce, qui a sa marche, ses lois, sa science, science autrement fconde et attrayante que celle des rouages intrieurs de l'me humaine, science qui est destine devenir l'objet principal des mditations du penseur, mais qui, dans l'norme confusion o le pass nous est parvenu,...
466 - De grands obstacles l'empchrent heureusement d'aller audel, et il nous avoue lui-mme que bien des choses, dans la doctrine des matres qu'il interrogeait, produisaient sur lui, sans qu'il y et de sa faute peut-tre, l'effet des tnbres visibles de Dante. Tous les contacts intellectuels vraiment fructueux s'oprent de la sorte. Trop bien savoir est un obstacle pour crer : on ne s'assimile que ce qu'on ne sait qu' demi.
468 - L'picurisme semblait chez eux revivre , moins la posie de Lucrce. Ils prchaient le vrai spiritualisme, l'humanit, la piti, l'quit sociale, et ils trouvaient bon de se dire matrialistes, de nier dans les termes l'ide dont ils fondaient la ralit. Ils prchaient le Dieu vritable, celui qu'on sert par la justice et la droiture, et ils se disaient athes. Ils prchaient l'idalisme par excellence, la saintet du droit, la prminence de l'esprit, et ils niaient l'ide,...
481 - Lors mme que la vertu ne serait qu'un pige tendu aux nobles curs, les esprances les plus saintes qu'une dception, l'humanit qu'un vain tumulte, la beaut qu'une illusion de nos sens, la recherche pure aurait encore son charme; car, en supposant que le...