Dmonstrations vangliques, tr., reproduites intgralement, annotes et publ. par L. Migne. Intr. [and] 18 tom. [and] Conclusion, 3

 

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623 - Nous avons beau enfler nos conceptions au del des espaces imaginables, nous n'enfantons que des atomes, au prix de la ralit des choses. C'est une sphre infinie dont le centre est partout, la circonfrence nulle part.
599 - De l vient que, par une prrogative particulire, non seulement chacun des hommes s'avance de jour en jour dans les sciences, mais que tous les hommes ensemble y font un continuel progrs mesure que l'univers vieillit, parce que la mme chose arrive dans la succession des hommes que dans les ges diffrents d'un particulier.
625 - L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'craser : une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'craserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien.
599 - ... de sa propre exprience, mais encore de celle de ses prdcesseurs, parce qu'il garde toujours dans sa mmoire les connaissances qu'il s'est une fois acquises, et que celles des anciens lui sont toujours prsentes dans les livres qu'ils en ont laisss.
623 - Car, enfin, qu'est-ce que l'homme dans la nature? un nant l'gard de l'infini, un tout l'gard du nant : un milieu entre rien et tout.
623 - Qu'un ciron lui offre dans la petitesse de son corps des parties incomparablement plus petites, des jambes avec des jointures, des veines dans ces jambes, du sang dans ces veines, des humeurs dans ce sang, des gouttes dans ces humeurs, des...
661 - Parlons maintenant selon les lumires naturelles. S'il ya un Dieu, il est infiniment incomprhensible, puisque, -n'ayant ni parties ni bornes, il n'a nul rapport nous. Nous sommes donc incapables de connatre ni ce qu'il est, ni s'il est.
623 - Je lui veux peindre non seulement l'univers visible, mais l'immensit qu'on peut concevoir de la nature dans l'enceinte de ce raccourci d'atome; qu'il y voie une infinit d'univers, dont chacun a son firmament, ses plantes, sa terre, en la mme proportion que le monde visible, dans cette terre des animaux, et enfin des cirons dans lesquels il retrouvera ce que les premiers ont donn...
657 - L'immortalit de l'me est une chose qui nous importe si fort, qui nous touche si profondment, qu'il faut avoir perdu tout sentiment pour tre dans l'indiffrence de savoir ce qui en est. Toutes nos actions et nos penses doivent prendre des routes si diffrentes , selon qu'il y aura des biens ternels esprer ou non , qu'il est impossible de faire une, dmarche avec sens et jugement , qu'en la rglant par la vue de ce point , qui doit tre notre dernier objet.
695 - Tous les corps, le firmament, les toiles, la terre, et ses royaumes, ne valent pas le moindre des esprits; car il connat tout cela et soi; et les corps, rien. Tous les corps ensemble, et tous les esprits ensemble, et toutes leurs productions, ne valent pas le moindre mouvement de charit. Cela est d'un ordre infiniment plus lev.