uvres de J. J. Rousseau: avec des notes historiques, 8

 

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124 - I ? 0 homme ! resserre ton existence au dedans de toi , et tu ne seras plus misrable. Reste la place que la nature t'assigne dans la chane des tres , rien ne t'en pourra faire sortir ; ne regimbe point contre la dure loi de la ncessit, et n'puise pas, vouloir lui rsister, des forces que le ciel ne t'a point donnes pour tendre ou prolonger ton existence . mais seulement pour la conserver comme il lui plat et autant qu'il lui plat. Ta libert , ton pouvoir , ne s'tendent...
484 - La physionomie ne se montre pas dans les grands traits, ni le caractre dans les grandes actions : c'est dans les bagatelles que le naturel se dcouvre.
129 - Maintenez l'enfant dans la seule dpendance des choses, vous aurez suivi l'ordre de la nature dans le progrs de son ducation. N'offrez jamais ses volonts indiscrtes que des obstacles physiques ou des punitions qui naissent des actions mmes, et qu'il se rappelle dans l'occasion : sans lui dfendre de mal faire, il suffit de l'en empcher. L'exprience ou l'impuissance doivent seules lui tenir lieu de loi.
12 - On ne connat point l'enfance : sur les fausses ides qu'on en a, plus on va, plus on s'gare. Les plus sages s'attachent ce qu'il importe aux hommes de savoir, sans considrer ce que les enfants sont en tat d'apprendre. Ils cherchent toujours l'homme dans l'enfant, sans penser ce qu'il est avant que d'tre homme.
24 - Nous naissons sensibles, et, ds notre naissance, nous sommes affects de diverses manires par les objets qui nous environnent. Sitt que nous avons pour ainsi dire la conscience de nos sensations, nous sommes disposs rechercher ou fuir les objets qui les produisent, d'abord, selon qu'elles nous sont agrables ou dplaisantes, puis, selon la convenance ou disconvenance que nous trouvons entre nous et ces objets, et enfin, selon les jugements que nous en portons sur l'ide de bonheur...
49 - Celui qui ne peut remplir les devoirs de pre n'a point le droit de le devenir. Il n'ya ni pauvret, ni travaux, ni respect humain, qui le dispensent de nourrir ses enfants et de les lever lui-mme. Lecteurs, vous pouvez m'en croire. Je prdis quiconque a des entrailles et nglige de si saints devoirs, qu'il versera longtemps sur sa faute des larmes amres, et n'en sera jamais consol 18.
115 - L'huinanit a sa place dans l'ordre des choses; l'enfance a la sienne dans l'ordre de la vie humaine : il faut considrer l'homme dans l'homme, et l'enfant dans l'enfant. Assigner chacun sa place et l'y fixer, ordonner les passions humaines selon la constitution de l'homme, est tout ce que nous pouvons faire pour son bien-tre.
21 - Nous naissons foibles , nous avons besoin de force ; nous naissons dpourvus de tout, nous avons besoin d'assistance; nous naissons stupides, nous avons besoin de jugement. Tout ce que nous n'avons pas notre naissance , et dont nous avons besoin tant grands , nous est donn par l'ducation.
144 - Il ne faut point se mler d'lever un enfant, quand on ne sait pas le conduire o l'on veut par les seules lois du possible et de l'impossible. La sphre de l'un et de l'autre lui tant galement inconnue, on l'tend, on la resserre autour de lui comme on veut. On l'enchane , on le pousse , on le retient avec le seul lien de la ncessit, sans qu'il en murmure : on le rend souple et docile , par la seule force des choses...
384 - Hors de la socit, l'homme isol, ne devant rien personne, a droit de vivre comme il lui plat; mais dans la socit, o il vit ncessairement aux dpens des autres, il leur doit en travail le prix de son entretien; cela est sans exception. Travailler est donc un devoir indispensable l'homme social. Riche ou pauvre, puissant ou faible, tout citoyen oisif est un fripon.