Revue des deux mondes, 1; 13; 28; 120

Au bureau de la Revue des deux mondes., 1858
 

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177 - Mon Dieu! que votre esprit est d'un tage bas! Que vous jouez au monde un petit personnage , De vous claquemurer aux choses du mnage, Et de n'entrevoir point de plaisirs plus touchants Qu'une idole d'poux et des marmots d'enfants! Laissez aux gens grossiers, aux personnes vulgaires, Les bas amusements de ces sortes d'affaires. A de plus hauts objets...
79 - ... faire. Il avait billonn la presse, t au peuple toute intervention libre dans les affaires, et laiss s'effacer ainsi les principes que notre Rvolution nous avait inculqus : il en tait rsult l'engourdissement profond des sentiments qui nous sont les plus naturels. Sa fortune nous tint longtemps lieu de patriotisme; mais, comme il avait absorb toute la nation en lui, avec lui la nation tomba tout entire, et, dans notre chute, nous ne smes plus tre devant nos ennemis que...
637 - Je travaillai volontiers dans les commencements. Malheureusement , le matre , bon et indulgent , absorb d'ailleurs par ses travaux , tait peu propre me faire comprendre l'utilit , l'importance mme des tudes, dont je n'apercevais gure que la monotonie. Le dgot me vint, et je quittai l'atelier. J'essayai chez moi quelques petits tableaux : on me les acheta, et ds Jors mon ducation de peintre fut manque.
637 - Bouchot me donna quelques bons avis ; je lui dois des observations utiles ; j'appris chez lui un peu de gomtrie, d'architecture et de perspective. Je le quittai nanmoins, et fus reu dans l'atelier de M. Abel de Pujol , que son bon tableau du Martyre de saint Etienne venait de placer au rang de nos meilleurs peintres. Je travaillai volontiers dans les commencements. Malheureusement, le matre, bon et indulgent, absorb d'ailleurs par ses travaux, tait peu propre me faire comprendre...
479 - Ah , le bel emploi pour votre historien ! Il ya trois cents ans que les rois de France n'ont rien fait de si glorieux. Je suis fou de joie ! Bonsoir, monseigneur.
654 - Je vous ai parl des Cimbres parce que ce sujet est caractristique de la voie que je comptais suivre ; mais le peu d'encouragement que je trouvai d'abord, le caprice , le dsir de plaire tous, que sais-je encore? m'en ont plus ou moins dtourn. Je demeurai claquemur dans mon atelier, puisque nul ne prenait l'initiative de m'en ouvrir les portes; et, malgr ma rpugnance primitive, je fus condamn au tableau de chevalet perptuit. Je vis avec chagrin tous mes confrres chargs...
665 - La Spculation n'est autre chose que la conception intellectuelle des diffrents procds par lesquels le travail, le crdit, le transport, l'change, peuvent intervenir dans la production. C'est elle qui recherche et dcouvre pour ainsi dire les gisements de la richesse, qui invente les moyens les plus conomiques de se la procurer, qui la multiplie...
460 - L'ennui a subi une transformation, comme toute chose autour de nous; il et t fort singulier en effet que lui seul n'et pas chang, et que dans notre socit matrialiste il 'et gard ses dlicatesses de dilettante , de touriste grand seigneur et de pote allemand. Au commencement de notre sicle, l'ennui fut presque une religion ; il se confondit avec une noble inquitude des choses ternelles; il cherchait, il rvait; que dis-je? il osait mme esprer. Aujourd'hui l'ennui...
40 - L'air en est embaum , et ou dirait que les ailes des vents en sont appesanties , tant la brise dans ces parages est ordinairement tide et paresseuse. Les oiseaux , les insectes , les reptiles , les poissons mme sous l'eau transparente o l'il peut les suivre , les coquilles et les madrpores sur leur tapis de sable , tout a le doux clat de la fleur , les feux de l'meraude et du rubis; tout reflte ou la verdure des bois ou les nuances changeantes du jour. C'est surtout au moment o...
73 - L'horreur du scandale est un sentiment fort respectable, et qu'on ne doit pas rserver seulement pour sa vieillesse. Branger est dcidment trop parfait ; on lui souhaiterait presque quelque dfaut bien accentu. Que de sagesse, bon Dieu, que de modestie, que de modration! Franchement il serait bien plus intressant s'il tait un peu moins sage. Ma conclusion, aprs avoir lu la Biographie, c'est qu'il n'a manqu qu'une chose Branger : un atome d'imprudence.